|
|
Amboseli
----------
Ce récit commence ici
Mardi
22 juillet,
|
lever
à six heures, petit déjeuner
en buffet et départ à six
heures quarante-cinq pour parcourir deux
cent cinquante kilomètres de mauvaises
routes et de pistes pour rejoindre le Parc
National d'Amboseli.

Soudain,
après une bonne vingtaine de kilomètres...
HORREUR
!!!
|
|
Jean-Jacques
s'aperçoit qu'il a oublié sa ceinture
portefeuille contenant son argent, ses passeports, cartes
de crédits etc... Grande panique à bord,
... demi-tour... Après une demi-heure d'angoisse,
nous rejoignons le Salt Like Lodge... et Jiji retrouve
sa sacrée ceinture sous le lit, dans son rundalow.
Ouf !!!
Cette
mésaventure deviendra, dès lors, un sujet
de plaisanteries longtemps exploité par
les occupants du minibus. Sur le moment, c'est le soulagement
général et nous reprenons un nouveau départ
pour Amboseli. Nous traversons ainsi une bonne partie
de Tsavo Ouest, rencontrant de nombreux animaux tels
que zèbres de Burchell, gnous, girafes, hyènes
et, en fin de parcours, une lionne, notre premier grand
carnassier. De nombreux combis sont rassemblés
là pour l'observer car ces véhicules sont
reliés entre eux par radio et les chauffeurs
guides se refilent les renseignements intéressants.
Aux
environs de quinze heures, nous arrivons à destination :
"l'hôtel Ol Tukaï Lodge",
dans le parc d'Amboseli, au pied nord du Kilimandjaro
découpant, par dessus une écharpe brumeuse,
sa tête coiffée de neiges éternelles
sur le bleu du ciel.
Ce
lodge s'est implanté à côté
du camp établi en 1948 pour les besoins du tournage
du célèbre film « Les neiges du
Kilimandjaro ».
Après
un déjeuner tardif (devinez pourquoi « tardif » ?),
nous repartons aussitôt en "Game Drive" :
fan-tas-ti-que !!! Zèbres, gnous, buffles, girafes,
phacochères, hyènes, gazelles de toutes
sortes, autruches, éléphants croisent
notre piste.
A dix-neuf heures trente, un excellent buffet nous
attend. Qu'est-ce qu'on peut manger !!! Et cela ne
fait que commencer car ce régime va durer non
seulement le temps du safari mais aussi pendant les
trois semaines de vacances balnéaires à
Diani.
Après ce repas du soir, Denise, qui avait
apporté de Château-Thierry une bonne bouteille
de champagne maison, l'a mise à refroidir dans
un sac de glaçons demandés au barman.
Ensuite, elle nous a invités, ainsi que Else
et Berend, les deux jeunes flamands qui partagent notre
combi, à « sabrer le champagne »
devant le Kilimandjaro. Le délicieux breuvage
a bien supporté le voyage et descend allègrement
dans nos gosiers, prélude à un gros somme
pour tout le monde, sauf pour Babette qui n'a pas fermé
l'oeil.
Game
drive matinal
-------------------
Lors
de chaque safari

|
|
organisé
pour les touristes que nous sommes, il
est de coutume d'effectuer une traque aux
aurores. Pour cela, nous devons nous trouver
sur le terrain au lever du jour. Cette ballade
s'est effectuée le mercredi 23 juillet.
Lever
à cinq heures trente et, après
une tasse de café, départ
pour deux heures d'observation avant le
petit déjeuner.
Nous
pouvons ainsi profiter du spectacle
grandiose que donne le lever de soleil sur
le Kilimandjaro avec, en avant plan, une
ribambelle d'éléphants, de
gazelles, de zèbres, de buffles et
leur cortège d'oiseaux accompagnateurs...
|
EPOUSTOUFLANT
!!!
Nous
roulons ensuite parmi des milliers d'animaux et nous
avons la chance de voir six lionnes et un lion en action
de chasse.
Heureusement
pour la victime potentielle...
|
...(un
gnou isolé)

et
pour la sensibilité de certaines
spectatrices (si vous le pouviez, vous suivriez
mon regard), l'action tourne court :
les
six femelles commencent une manoeuvre d'encerclement
de la proie, puis, sans raison apparente,
elles changent d'avis et continuent leur
route, comme si le gnou n'existait pas.
|
|
Sans
doute n'avaient-elles pas faim (ne dit-on pas que les
lions ne mangent qu'une fois par semaine ?
Amboseli
est un des parcs nationaux les plus anciens d'Afrique
orientale. Les premières mesures de protection
datent des années quarante. Ce territoire faisait
partie de la Southern Maasaï Reserve. Il devint
officiellement la réserve d'Amboseli en 1948,
lorsqu'on reconnut aux Massaïs le droit de vivre
sur ces terres et qu'on put définir, à
côté, les limites d'une réserve
destinée aux espèces animales.
En
1961, la réserve d'Amboseli fut placée
sous la responsabilité du Maasaï Tribal
Control (institution mise en place par le gouvernement
dans le but de remplacer l'autorité du « Conseil
des Anciens ») et devint une réserve de
chasse massaï en même temps que le Masaï
Mara.
A
la suite de cela,
les
conflits entre éleveurs pour l'usage des pâturages
prirent tant d'importance qu'en 1970, une partie entourant
les marais fut autoritairement transformée en
zone de protection animale avec interdiction faite aux
Massaïs d'y pénétrer.
Ces
mesures provoquèrent une révolte :
les Massaïs massacrèrent une grande quantité
de rhinocéros, sans même prélever
leurs cornes. Une bonne partie des marais leur fût
alors restituée, ainsi que plusieurs puits autour
du parc en échange d'un territoire plus au nord.
En 1977, Amboseli finit par recevoir le statut de parc
national. Celui-ci s'étend au pied du plus haut
sommet africain, le Kilimandjaro (5895 m).
Le
parc est célèbre pour ses paysages et
sa faune aisée à approcher. Les troupeaux
d'éléphants d'Amboseli, qui rassemblent
près de 600 individus, sont pratiquement les
seuls d'Afrique à ne pas avoir été
victimes du braconnage. Ce sont également les
mieux connus du monde puisqu'une équipe de chercheurs,
dirigée par Cynthia Moss a passé et passe
toujours un temps considérable à les étudier.
|
|
Les
tourbillons de poussière qui sont
constamment soulevés au-dessus du
lac asséché contrastent avec
la végétation luxuriante des
marais,
au
coeur de l'écosystème de l'endroit.

|
|
Ces
marécages sont alimentés en
eau par les glaciers du Kilimandjaro : l'eau
s'infiltre dans les terrains volcaniques
poreux et forme des cours d'eau souterrains
qui affleurent au niveau de l'ancien bassin.

|
|
Le
lac d'Amboseli s'étend sur seize kilomètres
de longueur et ne se remplit que lorsque de fortes pluies
s'abattent sur la région. Sa profondeur maximale
ne dépasse jamais cinquante centimètres.
La plupart du temps, le lac présente l'aspect
de terres volcaniques nues sur lesquelles (nous en avons
fait plusieurs fois l'expérience) les mirages
sont monnaie courante.
La poussière fine a le
don de s'insinuer partout, y compris et surtout à l'intérieur
des appareils photographiques et des caméras ;
c'est pourquoi il est bon de la protéger par
de simples sacs de plastique...
... lorsqu'on ne s'en sert
pas.
Des
forêts d'acacias et d'imposantes termitières
de latérite rougeâtre entourent les marais,
mais les arbres sont de plus en plus clairsemés.
Ces ravages étaient, autrefois, imputés
aux éléphants à cause de leur habitude
d'arracher l'écorce pour la manger. Les spécialistes
ont ensuite établi que les grosses pluies faisaient
remonter à la surface des sels toxiques qui se
fixent sur les racines et empêchent l'arbre
d'absorber l'eau.
Pendant
des années, quantité d'enquêtes
ont été menées sur les animaux
d'Amboseli si bien qu'ils sont habitués à
la présence de véhicules et d'observateurs.
Il est donc possible de s'en approcher à condition
de rester dans le combi.
Il
faut savoir que ces animaux se méfient des hommes
à pied. C'est ainsi qu'un éléphant
qui se nourrit paisiblement à trois mètres
de vous peut charger dès que vous faites mine
de descendre de voiture.
D'un
autre côté, la densité de visiteurs
est telle qu'elle a des effets néfastes évidents
sur la vie sauvage. Les guépards, pour ne citer
que l'exemple le plus commun, ont renoncé à
leur habitude de chasser le matin et le soir, et ils
ne sortent plus qu'à midi, à l'heure où
les touristes rentrent déjeuner et se reposer.
C'est certainement ce qui explique que nous n'en avons
vu aucun. Nous aurons, par ailleurs, le loisir d'en
contempler de très près deux ans plus
tard, au Masaï Mara, lors d'un deuxième
voyage au Kenya.
|
|
Ces
dérèglements sont
si importants que, comme la
chasse n'est pas aussi bonne
aux heures les plus chaudes,
la race s'affaiblit et connaît
une baisse marquée du
taux de reproduction.
|
|
Mais,
revenons-en à notre matinée du 23. Nous
rentrons à l'Ol Tukaï Lodge vers huit heures
pour prendre un petit déjeuner fort apprécié
suivi d'un temps libre d'une heure.
Ensuite,
nouvel embarquement pour aller, cette fois, visiter
une « maniata » massaï proche du parc.
Ce
village compte une bonne cinquantaine de cases disposées
en ellipse. Il est entouré d'une enceinte
d'épineux destinés à empêcher
l'intrusion de fauves. Au centre de la maniata, une
deuxième enceinte d'épineux forme un enclos
dans lequel les habitants rentrent leurs troupeaux pour
la nuit.
Les
femmes nous chantent quelques refrains locaux tandis
que les hommes exécutent une danse typique.
Ils
nous montrent ensuite leur façon traditionnelle
de produire le feu à l'aide d'une tige en bois
dur taillée en pointe qu'ils font tourner à
grande vitesse dans une encoche pratiquée dans
un morceau de bois plus tendre.
Sous
l'effet du frottement, il y a échauffement et
le bois tendre produit des cendres brûlantes qui,
mélangées à des brindilles et à
de la bouse sèche et attisées par le souffle
de l'homme finissent par enflammer ces dernières.
|
|
De
là, nous entrons, par petits groupes
de trois ou quatre dans une des cases. Comme
toutes les autres, elle est fabriquée
en appliquant de la boue sur un clayonnage
en branches entrelacées. Elle
est très basse et sans fenêtre.
Se
compose d'une sorte de hall d'entrée
puis de la pièce d'habitation
divisée en compartiments qui sont :

|
la
cuisine pour les jours de pluie (quelques pierres disposées
en cercle pour contenir un feu de bois, quelques écuelles
en métal), la chambre des adultes (quelques peaux
disposées à même le sol) et celle
des enfants (idem). Dans un angle, une sorte d'étagère
à niches pour ranger les habits.
|
Chez
les Massaïs,

ce
sont les femmes qui construisent les huttes
et élèvent les enfants en
bas âge. Les hommes gardent les troupeaux
de boufs et de vaches et pratiquent la chasse
(du moins lorsqu'ils le pouvaient encore)
|
tandis
que les enfants de six à douze ans
gardent les troupeaux de chèvres.
|
|

|
|
Au
sortir de la maniata, un guerrier nous mime
un retour de chasse au lion, sport qui leur
est interdit maintenant mais qui constituait
jadis l'épreuve que devait subir
tout adolescent mâle pour passer du
statut d'enfant à celui d'adulte.
Nous jetons ensuite un coup d'oil intéressé
aux produits de l'artisanat local avant
de reprendre la piste.

|
|
Rentrés au lodge, nous déjeunons copieusement, prenons un peu de repos puis repartons en safari
à seize heures.
Cette fois, nous avons la joie de découvrir,
à deux ou trois mètres de la piste, une
hyène tachetée couchée au soleil
et allaitant deux petits. A notre arrivée, ceux-ci
se sont réfugiés dans leur terrier, mais,
rapidement, la faim et les appels répétés
de leur mère aidant, un des rejetons est ressorti
et s'est remis à téter tandis que la maman
surveillait attentivement les alentours.
De
retour d'observation, nous faisons notre toilette
et prenons un bon dîner. Aujourd'hui, les moustiques
ont fait leurs premières victimes : Denise piquée
pendant le repas tandis que Els avait été
atteinte six fois dans le véhicule. Hakuna matata
puisque tout le monde prend l'un ou l'autre médicament
anti-malaria. Ce seront d'ailleurs les seules piqûres
enregistrées pendant le mois qu'ont duré
ces vacances.
Direction
Nakuru,
le
Masaï-Mara,
la
Rift-Vallée.
|
|