Récit
de voyage ou carnet de route / Autre
récit
VOYAGE
EN TANZANIE OCTOBRE 1999

Participants :
Richard, Gasianus, Jean-Pierre dit Jipé, Olivier, Patricia 
Les
photographies reproduites sur ce site sont la propriété
exclusive de leurs auteurs. La reproduction par n'importe
quels moyens que ce soit sans l'accord de l'auteur est
illicite !
Photo un peu agrandie Superbe,
mais exige une connexion rapide (ADSL)
Nous avons nous-mêmes conçus l'itinéraire
et l'hébergement de ce voyage. L'agence se chargeant de nous fournir un chauffeur-guide, les
réservations dans les parcs, hôtels et
bien entendu les conseils quant à l'organisation.
Nous
avons préféré un voyage en petits
hôtels quand c'était possible, ou en lodge
dans les parcs :
en effet, l'un de nous a une peur panique
des serpents, et un autre la phobie des scorpions. Par conséquent, le camping était exclu.
En
2003, devenu passionnés par l'Afrique à
la suite de ce voyage inoubliable, Jean-Pierre et Olivier
se sont rendus en Namibie après d'autres aventures
au Kenya, au Gabon, au Botswana et en Ouganda : c'était
un voyage qu'ils attendaient avec impatience et préparaient
dans la bonne humeur.
Malheureusement, victimes d'un accident de voiture
près des célèbres dunes de Sossusvlei,
Jean-Pierre a été tué sur le coup.
Il nous manque terriblement. |

|
Sa joie de vivre, son humour,
son humilité et sa gentillesse sont indissociables
de ce récit que nous voulons lui dédier.
Jour
1 : Arrivée à Nairobi après un vol
éprouvant et interminable. De plus, m'étant
trompé dans les calculs de décalage horaire,
nous avons poireauté 6 heures à Londres.).
Etirements-pipi-pause
bière et résultat des courses: au lieu
de se fondre dans la masse des groupes qui passent les
formalités à la va-vite, on se retrouve
à 4 devant 4 douaniers et on se fait escroquer
de 4 visas Kenyans qui n'existaient pas.çà
nous servira de leçon.
Direction
Namanga, passage de la frontière coooooool. Tampons
sur le passeport, sourires, tampons, sourires, etc.. Sourire :
le secret absolu en Tanzanie, avec quelques mots de
swahili distillés au moment opportun, et tout
passe ! lentement, mais tout passe.
Arrivée
à Arusha, installation à l'Outpost
Hôtel, un petit hôtel dans un coin très
calme. Assez rustique, mais pas très cher (20
USD en 1998 pour une double), très propre et
reposant.

|
Jour
2 : Premier contact avec Gérard B., français
le patron, et notre chauffeur :
Gasianus
qui
allait vite s'avérer comme quelqu'un d'absolument
génial : très doux, discret, sincère
dans ses témoignages d'amitié
(nous sommes
toujours en relation avec lui), super-pisteur, .fabuleux
!!! |
Direction
Arusha pour retirer un peu d'argent frais, acheter
de la boisson, et départ pour le Ngorongoro.
Je descends avec Gasianus pour les formalités
d'entrée dans le parc, par curiosité.
Je prononce quelques mots de swahili, les visages s'éclairent,
on veut savoir d'où je viens, les rangers m'offrent
un petit livre de présentation du parc, ..
il n'y
a pas : sourire et swahili sont les clés d'un
voyage réussi en Tanzanie.
Nous
atteignons le cratère dans la soirée.
Eh ben oui, c'est dit, redit, re-redit mais l'arrivée
au bord du cratère est
MAGIQUE tout simplement 
On est planté là à ne rien faire
d'autre que regarder combien le monde peut parfois être
beau.
Jean-Pierre est émerveillé devant
tant de beauté et de sérénité
et tout à son émoi, s'enfonce jusqu'à
mi-mollet dans une énorme bouse d'éléphant
bien fraîche dont il traînera le fumet jusqu'au
soir et dont il entendra parler tout le temps trop bref
qui lui restait à vivre. |

|
Dodo-miam-miam
au Ngorongoro Wildlife Lodge, un best en la matière.
Le meilleur de tout le parc,
situation et prestations parfaites.

|
Jour
3 : Descente dans le cratère. Arrêt dans la
petite forêt de Leraï si belle avec ses acacias
Yellow fever, début du safari. Une immense
colonne de gnous et de zèbres se dirige vers
le petit lac Magadi pour s'y abreuver. 
Insolite de
trouver tant de gnous à cette période
de l'année mais notre chauffeur nous précise
que le phénomène El Nino a généré
des pluies diluviennes au printemps : les pâturages
du cratère sont donc encore abondants, et de
nombreux gnous sont restés.
Nous croisons bon
nombre de phacochères vraiment poilants (laids,
sales, pétomanes, de mauvais poil la plupart
du temps, mais tellement attachants) ... |
...
un chacal qui
essaie d'attaquer des flamants au bord du lac, et direction
le petit marigot où nous attendait le grand classique :
hippos et lionnes se reposant sur les rocs (quelques
jeunes de l'année les accompagnent).
Au
fond du cratère, nous parcourons
les pistes, et trouvons un guépard épuisé
qui vient de tuer un petit bubale. La proie est de
taille et il doit absolument retrouver son souffle pour
tenter de la mettre à l'abri avant d'être
attaqué par les hyènes ou les lions.
Il y parviendra, heureusement !!! 
Notre chauffeur nous
explique que la présence d'un guépard
dans le cratère est assez rare. |

|
En effet le
territoire de chasse y est trop restreint pour cette
espèce, et la présence d'autres prédateurs
(lions et hyènes) est un obstacle supplémentaire.
La savane s'agite à proximité et miracle :
à une cinquantaine de mètres de la piste,
une maman rhinocéros noir accompagnée
de son petit se montrent. Nous n'en reverrons sans
doute plus jamais en liberté et nous nous gavons
donc de cette rencontre inattendue et unique.
Pause
repas, et Olivier se fait piquer son morceau de poulet
entre la main et la bouche par un milan noir. ATTENTION,
car ils peuvent involontairement causer de bonnes estafilades.
Il est conseillé de manger dans les voitures
tellement les bougres sont malins et à l'affût
de tout.
Nous
consacrons l'après-midi à la recherche
d'un clan de lions qui aurait été signalé :
en vain, mais nous ne sommes absolument pas déçus
car nous croisons nombre de gnous, élans du Cap,
phacochères, chacals à chabraque, zèbres,.animaux
qui sont toujours intéressants à observer.
Nous
verrons aussi, côté oiseaux, de très
nombreuses espèces de vanneaux et gangas, des
hérons goliaths, et les deux espèces de
flamants (le nain et le rose, le premier étant
le plus coloré).

|
Jour
4 : Départ matinal vers le Serengeti,
nous longeons
la dépression d'Olbalbal à la sortie du
Ngorongoro, paysage toujours aussi irréel et
fantômatique mais sublime, avec la brume qui se
déchire peu à peu et les taches de soleil...
...
dommage çà ne rend rien en photo. |
Formalités
d'entrée à Naabi Hill, toujours aussi
sympas à faire ; pleins d'étourneaux métalliques
(spréos) marrants à observer : effrontés
et pas du tout effrayés.
Sur
la piste un camion arrive face à nous, il nous
fonce littéralement dessus. Gasianus ne ralentit
pas, reste tout à fait serein. Le camion se
rapproche et vraiment, nous le voyons piquer droit vers
nous. Grosse frayeur, sauf Gasianus qui reste imperturbable
et il a raison : en fait le camion avance en crabe,
le chassis est droit mais la caisse est posée
en travers d'un bon mètre dessus.l'Afrique, quoi !!!
Nous
verrons ensuite un Land-Rover pick-up occupé
par 16 Masaïs et 2 veaux, ce joyeux petit monde
nous saluant dans l'hilarité générale
et un nuage de fumée noire.
Cela
me fait penser que ma 4L pourrait bien, pourquoi pas se passer du
contrôle technique...
Sur
de nombreux kilomètres après Naabi Hill,
la plaine du Serengeti est plutôt morne : pas
un arbre, pas un rocher, juste le jaune grillé
de l'herbe qui attend désespérément
la pluie. 
C'est le royaume des gazelles de Grant, de
Thompson, des topis et des bubales. Nous croisons quelques
chacals, outardes de Kori, et de très loin nous
pouvons observer un serval en chasse. |

|
C'est
un superbe petit
félin, que l'on ne voit que rarement.

|
L'arrivée
dans le secteur de Seronera change radicalement : les
acacias parasols et arbres à saucisses se font
de plus en plus nombreux, la rivière Seronera
apporte eau et verdoyance, et de nombreux koopjes viennent
parsemer le paysage. 
Nous
filons directement sur le nord du Serengeti, le secteur
Lobo, en prenant le temps d'observer la faune bien que
le trajet soit long. |
Plusieurs
vols de rapaces haut perchés nous signalent la
présence de cadavres frais. Le nombre de vautours
planant est impressionnant ce qui laisse supposer que
les proies viennent juste d'être tuées
et que les premiers prédateurs sont sur place :
lions ou guépards.
Malheureusement nous ne pourront
atteindre les endroits où sont les animaux, car
ils sont situés hors pistes et nous tenons à
respecter la réglementation stricte en la matière.
La faune est suffisamment généreuse à observer en restant
sur les pistes.
Un
peu avant l'arrivée, nous croiserons un groupe
de 4 guépards, sans doute des frères et
sours dont l'un boîte et a du mal à suivre
les autres. Leur tentative d'attaque d'un groupe de
gazelles de Grant echouera.
Arrivée
à Lobo Wildlife Lodge en soirée, et c'est
l'enchantement de notre voyage : un endroit absolument
extraordinaire et désert (nous étions
en tout et pour tout cinq dans le lodge : nous quatre
et une vieille anglaise), qui surplombe la plaine et
un petit point d'eau où viennent parfois les
éléphants. Paysages à perte de
vue de collines, de plaines, coucher de soleil à
tomber par terre.
S'il y a un paradis sur terre, il
est ici. |

|

|
Jour
5 : Journée entière dans le Lobo 
En tout
et pour tout nous verrons trois véhicules, dont
deux de scientifiques. La faune est plus farouche que
dans le Seronera car moins habituée à
la présence de l'homme.
Nous verrons d'assez
nombreux élans du Cap, deux adorables petits
oréotragues, des cobes defassa et cobes des roseaux. |
Au
détour d'un fourré d'ébènes
et d'acacias, nous tombons sur une lionne et une hyène
en train de s'observer : manifestement elles jaugent
la force de l'autre et hésitent à s'attaquer
(on sent pourtant que l'envie d'en découdre est
là.)
Elles jugeront finalement plus prudent
de s'ignorer.
Sur
le chemin du retour nous croiserons la route d'un petit
troupeau d'éléphants accompagné
de jeunes.
Retour
au Lobo wildlife Lodge où nous attend un superbe
coucher de soleil.
Nous aurons aperçus
ce jour côté
oiseaux, de farouches
« emerald cuckoos » (coucous émeraudes),
des rolliers à poitrine Lilas et de petits groupes
de « fincher lovebirds » (inséparables
de Fincher).  |

|
Jour
6 :
Nous passons la matinée dans le Lobo et à
peine sortis, nous attend une femelle autruche accompagnée
de sa marmaille, une vingtaine de petits.

|
Nous aurons
beaucoup de chance ce matin-là puisque nous tomberons
sur une mère guépard se reposant avec
ses deux jeunes mais surtout sur trois lions mâles
en quête d'une harde : il s'agit de jeunes et
les marques de griffes qu'ils portent démontrent
qu'ils ont déjà essayé (en vain)
de prendre le contrôle d'un clan 
Nous
verrons de nombreux « little bee-eaters »
(guêpiers nains) et un superbe « paradise
flycatcher » (gobe-mouches de paradis).
Nous
repartirons tranquillement dans l'après-midi
vers le Seronera où , avant de regagner le Seronera
wildlife Lodge, nous irons prendre un pot au village
des rangers, non loin de là, dans une petite
épicerie-bistrot très sympa (pas un touriste
ne s'y rend ce qui est dommage vu la gentillesse des
gens). |
Gare aux babouins qui sont ici particulièrement
effrontés et qui savent ouvrir les portières
des véhicules.
Jour
7 : Journée entière dans le Seronera où
nous rencontrerons de nombreuses lionnes porteuses de
colliers émetteurs aux alentours des Masaï
koopjes. Pas de mâles, ces derniers devant sans doute roupiller à l'ombre des rochers
!!!
Un
petit groupe d'éléphants est occupé
à saccager méthodiquement un bosquet d'acacias
siffleurs sous le regard complice malgré eux
d'un couple de pies grièches 
L'un des souvenirs les plus étonnants
de notre voyage : un Land-Rover ayant à son bord
deux Américains est immobilisé juste à
côté d'une borne marquant une intersection.
Sur le toit du véhicule un guépard s'installe
pour faire la sieste.pas folle !!!
Elle était
à l'affut, perchée sur la borne, quand
la Land-Rover s'est arrêtée à côté
pour faire une photo : le guépard a aussitôt
jugé que ce nouveau promontoire était
beaucoup plus haut, donc plus intéressant que
la borne et hop ! sur le toit. |

|
Il finira par en descendre
après beaucoup d'efforts du chauffeur pour le
décourager sans le blesser. Et
puis sur une piste, les américains
ont eu la peur de leur vie.
Retour
au Lodge où nous verrons dès l'entrée
un petit groupe de perroquets bruns habitués
des lieux, et où nous retrouvons avec plaisir Helen (la maître d'hôtel) et Jérôme,
un cuisinier avec lesquels nous avions sympathisé
lors d'un précédent voyage...

|
Jour
8 : c'est une journée de transition qui nous attend,
car nous quittons définitivement le Serengeti
en direction de Manyara. Le trajet est long et assez
pénible mais nous avons la chance d'apercevoir
encore deux guépards se reposant sous un arbre
(qui portent à onze le nombre de guépards
que nous aurons observés durant ce voyage)
tout près de Naabi Hills, trois hyènes
dont un bébé et un serval. 
Nous
faisons une pause casse-graine dans un petit campsite
très sympa entre le Ngorongoro et le village
de Mto-Wa-Mbu : le « Doffa Campsite » ;
nous y observerons deux espèces de souïmangas
impossibles à photographier car trop vifs et
agités : « bronze sunbird » et le
superbe « collored sunbirds ». |
Nous
arrivons le soir au Twiga Campsite, à Mto-Wa-Mbu,
notre meilleur souvenir d'hébergement avec le
Lobo Wildlife Lodge. C'est un petit camp impeccable,
disposant de quelques bungalows très simples
mais très propres, pas chers du tout, et d'un
petit resto à se pâmer.
La cuisinière
du nom de Stella proposait deux plats, bouf ou poulet,
avec riz ou légumes cuits dans un court-bouillon
épicé, une vraie merveille.
Malheureusement,
l'imbécilité se trouve partout et notre
plaisir a été gâché à
cause d'une bande d'Américains d'un genre vulgaire
et très grossier fraîchement arrivés.
Méprisants, faisant des concours de rots, d'une
vulgarité à toute épreuve, semant
la zizanie...
...
alors que les locaux pleuraient la mort de Nyerere décédé le matin-même. Mieux
vaut se taire sur ce passage qui nous fait bouillir
le sang, mais je tiens à remercier le responsable
du site de Kenya-Tanzanie.com d'en avoir fait écho.
Jour
9 :
Journée à Manyara

|
Nous conseillons aux
voyageurs de ne pas faire notre erreur.
Commencez votre
safari par
ce parc, ne terminez pas avec car il vous décevra.
La faune y est beaucoup moins abondante qu'ailleurs,
et les paysages bien que superbes sont un peu en dessous
du Ngorongoro et du Serengeti.
Les
dits paysages sont cependant
très intéressants,
|
alternant forêt-galerie
et savane arborée (où l'on voit les fameux singes bleus et
où l'on entend sans les voir de nombreux oiseaux
tels le pigeon vert).
Nous
ne verrons aucun fauve, mais pas mal d'antilopes, et
des groupes de babouins occupés à fouiller
des bouses d'éléphants : 50% de ce que
mangent les éléphants n'est pas digéré,
et ressort intact, faisant le bonheur de quelques.
...
ben
oui, il faut le dire : de quelques fouilles-merde.
Nous
verrons de nombreux oiseaux : des guêpiers nains 
barbets
(d'Arnaud, et rouge et jaune), calaos à bec
rouge et calaos terrestres, martins-pêcheurs
à tête grise, aigles pêcheurs, deux espèces d'ibis,
ouettes d'Egypte...
...
aigrettes qui suivent les troupeaux de zèbres
et buffles, et ont développé une étonnante
osmose avec eux. Les troupeaux, en se déplaçant,
libèrent des vers et parasites dont les aigrettes
raffolent.
Ces dernières, lorsqu'elles aperçoivent
un prédateur (lion ou autre), s'envolent en criant,
alertant ainsi les troupeaux du danger. |

|
Retour
en soirée vers Mto-Wa-Mbu où notre chauffeur Gasianus achète des petites bananes délicieuses
et un morceau de canne à sucre que nous dégusterons
tranquillement au bar du camp : souvenirs supers.
A
noter que Gasianus nous a très fortement déconseillé
de nous aventurer seuls dans le village, qui serait
un lieu de trafics en tout genre, et un vrai coupe-gorge.
Nous avons suivi son conseil bien qu'apparemment il
n'y ait pas de danger flagrant. Il est préférable
de faire confiance aux locaux.
Jour
10 : Départ vers Arusha où le patron des
safaris
nous attend chez lui pour le déjeuner.

|
Il demeure dans un site superbe à proximité
d'Arusha, où il a aménagé un petit
campsite réservé à ses clients.
Nous déjeunerons de spécialités
locales, notamment le pilau et le biriani, deux succulents
plats de riz à la viande épicée.
L'heure
du transfert vers l'aéroport approche désormais,
et nous allons devoir quitter de nouveau à regrets
la Tanzanie ; nous devons dire au revoir à Gasianus,
et ce moment est très pénible car entre
nous s'était nouée une amitié qui
perdure aujourd'hui, malgré l'éloignement,
et les années passées.
Direction
maintenant Zanzibar et sa magie, mais çà,
c'est une autre histoire.  |
Sans
tarder, rejoignez-nous au sein de notre
espace réservé du forum afin que nous puissions ensemble continuer ce rêve
dont nous ne sommes pas prêts d'oublier...
Si vous désirez également nous raconter
votre récit de voyage ou carnet de route et n'avez
pas de site web, aucun problème, Kenya-Tanzanie.com
est là pour vous
y aider. |